A la verticale de soi

Stéphanie a le plaisir de vous annoncer la sortie de son livre A la verticale de soi aux Editions Paulsen-Guérin. Il est disponible en librairie ou ici sur le site Guérin.

A la verticale de soi - photo couve » Je suis très heureuse de pouvoir partager d’une manière plus profonde mon parcours, ce qui constitue la vie d’une grimpeuse, d’une alpiniste, d’une passionnée de nature et de mots.
En écrivant, j’avais sans cesse à l’esprit ces mots du poète Christian Bobin, extraits de Prisonnier au berceau : « J’écris ce livre pour tous ces gens qui ont une vie très simple et très belle, mais qui finissent par en douter parce qu’on ne leur propose que du spectaculaire ». Je rêvais d’ouvrir le livre sur cette citation mais j’ai craint qu’on ne prenne cela pour une boutade, tant, de l’extérieur, la vie d’un grimpeur pro peut sembler spectaculaire…
Alors, j’ai tenté de parler de l’intérieur et j’ai mis dans ce livre toute ma vie, toute mon âme.
Vous y trouverez des souvenirs d’enfance, des récits de voyage et d’escalade – l’évocation de ces belles heures « suspendues  » et de la magie des hauts lieux qui nous sont chers – mais aussi la vie de tous les jours qui n’est pas faite que d’exploits ni de performances, mais de périodes de deuil, de questionnements, de fragilité. Des instants que le simple retour à la nature et au rocher permettent de traverser avec plus de légèreté. La vie est un exercice de funambule !  »

STEF DSC03294

Contact : stephaniebodet@hotmail.fr      06 52 76 39 26

 

Pour vous donner un avant goût, un très beau texte sur le livre écrit par Jean-Christophe Rufin, académicien, romancier (prix Goncourt pour Rouge Brésil en 2001) et grand passionné de montagne et d’escalade.

« À la verticale de soi de Stéphanie Bodet redonne à la littérature alpine une fraîcheur et une intensité que l’on croyait perdues.

Il est vrai que l’évolution de l’escalade, l’échappée des grimpeurs vers les hautes difficultés, inconcevables pour le commun des mortels, la transformation de la pratique, qui fait la part belle aux structures artificielles et aux salles, n’inspirent pas facilement de récits tragiques… La littérature semble s’être détournée de la verticale depuis Frison-Roche et les seuls sujets qui se prêtent à l’émotion sont les récits d’accidents voire de catastrophe…

Or voici le retour de la poésie et de la sensibilité, sans rien de morbide ni de naïf, avec la puissance d’un témoignage et la virtuosité d’un écrivain.

C’est pourtant une championne du monde d’escalade, discipline virtuelle s’il en est et peu propice à l’évocation des sommets, qui en est l’auteur.

Il est vrai qu’au cours de sa carrière, Stéphanie Bodet n’est pas restée sur ses prises de résine. Avec son mari, le guide et grand alpiniste Arnaud Petit, elle a accompli de véritables exploits dans de grandes parois. Elle les raconte de façon extrêmement vivante. Mais ces défis ne seraient rien pour nous lecteurs si nous ne les reliions pas au parcours étonnant d’une petite fille fragile, asthmatique et sensible qui s’est confrontée aux parois avec l’énergie de sa révolte, son besoin d’idéal et d’amour.

Pour entrer dans la vie qui lui paraît si redoutable, elle emprunte une voie unique et la suit jusqu’au sommet, comme ces sages japonais qui ne conçoivent d’atteindre la maîtrise que dans une discipline et une seule. Celle de Stéphanie Bodet ne sera pas le tir à l’arc ni l’art des bouquets de fleurs mais cette simple, bien qu’indéfinissable, pratique qui consiste à s’élever à la verticale sur des parois, à l’aide du moins de prises possibles.

« J’ai demandé la lune au Rocher », écrit-elle dans la langue poétique qui est la sienne et qui contribue pour beaucoup au charme et à la puissance de ce livre. Puis vient la faille, la cassure, la descente. Car on ne s’élève jamais aussi haut sans connaître à un moment où un autre ce vertige. Les questionnements, les remises en cause, la dépression donnent à ce parcours sans faute et couronné de succès, sa dimension humaine et tragique. Nous ne sommes plus dans la toute-puissance narcissique à laquelle nous ont habitués bien des demi-dieux de la montagne, qui veulent ne laisser qu’une trace d’ange et dissimuler leurs faiblesses.

Ici, le récit prend une dimension fitzgeraldienne et devient d’autant plus intéressant. Le funambule trébuche ; l’ange (dé)choit ; l’âme révèle ses abîmes mais aussi sa résilience. L’équilibre, l’amour, la sagesse entrent sur cette scène où ne semblaient devoir évoluer que des êtres désincarnés. Et à travers son retour à l’escalade, c’est une vision plus profonde de la vie, inspirée par le yoga et les disciplines orientales que Stéphanie Bodet nous livre.

Quand finalement elle revient à son rocher, ce n’est pas avec la résignation de Sisyphe mais avec la plénitude de la maturité et la volonté, non seulement de vivre de nouveau sa passion mais de nous la faire partager. »

Jean-Christophe Rufin

For english reader who hesitate to learn french language to read it, you can have here, thanks to this interview from Vanessa Beucher,  the spirit of the book : https://www.7sky.life/la-verticale-de-soi/